Lancer une entreprise avec 40 $ en poche et avec un plan d’affaires d’une seule page : réalité ou utopie?

Lancer une entreprise avec 40 $ en poche et avec un plan d’affaires d’une seule page : réalité ou utopie?

Il ne fait pas de doute que le Québec manque de repreneurs d’entreprise. Certaines personnes, bien intentionnées, font la promotion de l’entrepreneuriat en insistant sur l’importance de la motivation ou de la passion. Selon ces personnes, il est encore possible de démarrer une entreprise au Québec avec 40 $ en poche et un plan d’affaires d’une seule page. Selon ces gens, les plus forts vont surmonter les obstacles et survivre. C’est un peu la technique de la piscine[1]. Oui, mais combien vont y couler leur argent et, souvent aussi, celui de leurs proches? Quel impact cela a-t-il sur leur confiance en eux? Quel est l’impact sur la perception du risque associé à l’entrepreneuriat?

Personnellement, je trouve qu’il est irresponsable de cibler autant la « passion » et voici pourquoi. Dans l’un de mes livres, je fais l’analogie entre le pilotage d’avion et le monde des affaires. Démarrer son entreprise se compare, dans cet exemple, à décoller un avion. Si je place une personne aux commandes de mon avion Cessna sur la piste et que je lui demande de lâcher les freins et de maintenir, pendant seulement 30 secondes, la manette du moteur bien enfoncée, l’avion va décoller. C’est certain. Toutefois, sans formation et sans autre instruction additionnelle, est-ce que l’avion va voler longtemps? Est-ce que l’avion va aller à l’endroit désiré? Pire encore, comment sera l’atterrissage? Comme vous le constatez, ce serait dangereux et irresponsable de ma part d’inciter une personne à le faire.

Il en va de même pour le démarrage d’une entreprise. Sans formation et sans préparation adéquate, la personne qui débute en entreprise devra trop compter sur les autres. Son expérience risque de ne pas être agréable. Mon message est qu’il faut plus qu’une bonne dose de motivation pour réussir. Il faut une bonne préparation. Ce peut être un bon plan d’affaires ou un autre outil, mais il faut se poser quelques bonnes questions avant de se lancer.  Dans un de mes livres, je fournis un modèle de plan d’affaires. Quel que soit le modèle, l’important est de répondre au minimum aux cinq questions suivantes afin d’analyser le risque :

  • Est-ce que le projet sera rentable? Il convient donc de fournir des états financiers prévisionnels.
  • Est-ce qu’il y a un marché disponible pour les produits ou services qui seront offerts? Il convient d’analyser également les concurrents.
  • Est-ce que la personne ou les personnes qui vont diriger l’entreprise (le management) sont dignes de confiance? Cela implique de fournir un curriculum vitae qui mentionne la formation et l’expérience de travail.
  • Est-ce que la méthode utilisée est très innovante ou a-t-elle fait ses preuves? Il n’y a pas de réponse parfaite. Si la méthode est éprouvée, c’est qu’il y a des concurrents. Alors, en quoi serons-nous meilleurs qu’eux? Si la méthode est révolutionnaire, il convient d’expliquer un peu ce qui nous fait croire que la transition va bien se faire entre la théorie et la pratique.
  • Lorsque l’entreprise grossira, elle aura sans doute besoin de financement. Quelle est la capacité des propriétaires de l’entreprise d’obtenir les garanties nécessaires à l’obtention d’un prêt?

Comme vous le constatez, aucun plan d’affaires digne de ce nom ne peut contenir sur une page (tel que mentionné dans le titre)… à moins d’être écrit en caractères très très petits. Cela tend à démontrer que la réponse à la question posée dans le titre est qu’il est utopique de penser réussir en affaires sans une véritable préparation.

Dans mon premier livre, j’encourage les gens à se lancer en affaires, mais avec une bonne préparation. Mon second livre s’adresse aux gens déjà en affaires et qui désirent améliorer la rentabilité de leur entreprise. Pour en savoir davantage, je vous encourage à consulter mon site web ou nous contacter par avec AREIC Inc.

Patrice Beaulieu, MBA         Auteur, conférencier, consultant

www.patricebeaulieu.com

[1] La technique de la piscine consiste à pousser la personne dans la piscine sans lui avoir donné préalablement ni la théorie ni la pratique requises.

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